Des équipes de scientifiques du CERN vont bientôt transporter de l’antimatière sur plusieurs centaines de kilomètres. Toutefois, les chercheurs assurent que manœuvrer ces échantillons de la sorte n’est pas vraiment dangereux.
Le CERN a mobilisé deux équipes, la première du projet BASE-STEP et la seconde, de l’expérience PUMA. Dans le cadre de la première initiative, l’objectif était de déplacer des antiprotons vers un environnement entièrement dépourvu de bruit expérimental afin de les étudier. Pour ce qui est du second projet, d’autres antiprotons seront envoyés dans un autre endroit afin de sonder les structures nucléaires d’autres matériaux.
L’antimatière fera dans les deux cas l’objet d’un transport en van jusqu’à 700 km de distance, notamment à l’Université Heinrich-Heine de Düsseldorf, dans l’ouest de l’Allemagne. Mais qu’en est-il de ce convoi très spécial ? Dans un premier temps, le but sera de suspendre et refroidir l’antimatière dans un genre de bouteilles magnétiques incluant des aimants supraconducteurs afin de maintenir les antiprotons en place, ces derniers devant flotter sans toucher les parois. Ensuite, un générateur d’énergie mobile aura pour mission de maintenir les antiprotons à une température de −269 ºC. Évidemment, le système doit résister aux secousses et pouvoir permettre l’extraction de l’antimatière pour réaliser les expériences.